Il est temps de reconnaître que les services d'addictologie sont des services de santé essentiels!

La crise du Covid-19 a mis à mal nos systèmes de santé et mis au jour des dysfonctionnements qui ont affecté les personnes les plus vulnérables, et parmi celles-ci, les personnes qui utilisent des drogues.

A l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le 26 juin,  Dianova lance une campagne internationale pour sensibiliser à la nécessité de mettre les services d’addictologie sur un pied d’égalité avec les autres services de santé et de leur accorder un niveau similaire d’attention et de soutien.

Les troubles addictifs sont un problème de santé publique

Les conséquences du Covid-19 font payer un lourd tribut aux personnes ayant des troubles de la consommation de substances ou d’autres addictions, ainsi qu’à celles en voie de rétablissement.

Pourtant, dans de nombreux pays, les autorités n’ont pu apporter qu’un soutien très limité aux services d’addictologie.

Certains systèmes de santé, initialement considérés comme solides, n’ont même pas été en mesure de fournir un équipement de protection individuelle de base à ces professionnels ou le soutien financier pour l’acheter. Malgré tout, nos professionnels ont pleinement assumé leur rôle malgré des circonstances difficiles et souvent dangereuses, en donnant aux personnes vulnérables l’accompagnement et les conseils dont ils avaient besoin. Ils ont poursuivi leur travail.

Cette commémoration est pour nous l’occasion d’intervenir et d’exiger que les services de prise en charge des addictions soient considérés sur un pied d’égalité avec les autres services de santé et qu’ils bénéficient d’une attention et d’un soutien similaires. Si une autre crise de cette nature devait survenir, les services d’addiction ne devraient plus être le parent pauvre du système de santé publique.

Les troubles liés à l’usage de substances et les autres troubles addictifs relèvent de la santé publique et les services de traitement des dépendances doivent donc être considérés comme essentiels.

Quand tout s’arrête, certains d’entre nous doivent continuer!

Cette pandémie nous enseigne, entre autres, qu’il est urgent de réaffirmer et de défendre le droit universel à la santé. Ne laisser personne derrière, comme le souligne l’Agenda 2030, est aujourd’hui un impératif plus essentiel que jamais si l’on veut construire un monde dans lequel chacun aura l’opportunité d’atteindre le plus haut niveau de santé et de bien-être

Enfin, la campagne est l’occasion pour Dianova de rendre hommage au travail, au dévouement et à l’esprit d’innovation de tous les professionnels des addictions en ces temps de doute et d’urgence.

La situation

Selon le Rapport mondial sur les drogues 2019, quelque 35 millions de personnes sont concernées par des troubles liés à la consommation de drogues (contre une estimation antérieure de 30,5 millions en 2016) et requièrent des services de soins ou de réduction des risques et des dommages.  En outre, les dernières données disponibles font également état d’un nombre important de décès liés aux drogues: en 2017, 585 000 personnes ont perdu la vie en raison de leur consommation de drogues.

Les difficultés engendrées par le confinement ont eu des conséquences négatives pour les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances ou en voie de réadaptation, incluant l’augmentation de la consommation de drogues ou d’alcool, celle des overdoses et des épisodes de rechute.

Comme le souligne un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, les usagers de drogues sont confrontés à des risques supplémentaires d’infection par le Covid-19 par rapport à la population générale, en raison de facteurs liés à leur mode de vie et à leurs problèmes de santé préexistants.

le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la santé souligne la nécessité de reconnaître les usagers de drogues comme une population à hauts risques si l’on veut atténuer la propagation de la pandémie.

Les femmes qui utilisent des drogues sont plus à risque

Sachant qu’environ un tiers des personnes qui utilisent des drogues sont des femmes, on estime que ces dernières sont beaucoup plus à risques de contracter le VIH et d’autres infections et plus susceptibles de subir des violences de leur partenaire intime que les femmes issues de la population générale. Et ce phénomène peut être exacerbé en ces temps de crise.

Autres problèmes de santé mentale

On estime qu’une personne sur quatre dans le monde sera affectée par des troubles de santé mentale à un moment donné de sa vie, ce qui place ces troubles parmi les principales causes de mauvaise santé et d’invalidité dans le monde. Cet état de fait semble avoir été aggravé par la pandémie : les mesures de confinement et le ralentissement économique qui en a résulté ont eu un effet négatif sur la santé mentale de beaucoup et ont créé de nouveaux obstacles pour les personnes souffrant déjà de maladies mentales et de troubles liés à la consommation de substances.

Objectif de la campagne

Lancée à l’occasion de la journée mondiale contre l’abus et le trafic illicite de drogues, le 26 juin, la campagne ‘Il est temps de reconnaître que les services d’addictologie sont essentiels » entend mobiliser le public à cet objectif tout en sensibilisant au rôle de première ligne joué par les professionnels socio-sanitaires dans le soutien qu’ils ont apporté et qu’ils continuent d’apporter aux populations les plus vulnérables durant la crise du Covid-19.

Les deux volets de la campagnes sont:

  • Des actions de communication auprès des publics cibles via différentes plateformes et réseaux en ligne, dans l’objectif de promouvoir le message-clé de la campagne ainsi que les comportements attendus de la part des publics cibles.
  • Des actions de communication visant à renforcer la réputation de Dianova et son niveau de confiance, et d’amener les différentes parties prenantes à soutenir l’organisation.

Concept créatif

L’une des conséquences de la crise du Covid-19 est que certaines des ressources nécessaires pour apporter des solutions à d’autres problèmes essentiels de notre société ont été interrompues par manque d’investissement et de ressources. Les troubles liés à l’usage de substances et autres troubles addictifs représentent l’un de ces problèmes et les personnes concernées, ceux-là même à qui Dianova vient en aide depuis de nombreuses années, ont trop souvent été laissées de côté. 

Même si tout semble avoir été mis en pause durant la pandémie, les professionnels de la santé ont poursuivi leur mission, et parmi eux, les professionnels des centres d’addictologie de Dianova. Les bénéficiaires de nos services ont aussi poursuivi leur traitement tout au long de la crise, car le fait d’abandonner n’aurait fait qu’engendrer d’autres problèmes susceptibles d’avoir des conséquences pour la société tout entière.

C’est pourquoi nous exigeons que les services d’addictologie soient considérés sur un pied d’égalité avec les autres services de soins de santé

Pour véhiculer ce message, la campagne utilise la technique du cinémagraph, c’est-à-dire des images dont une partie est animée. Cette technique permet de faire passer deux concepts:

  • Quand tout s’arrête (une partie de l’image est statique)
  • Certains d’entre nous doivent continuer (une autre partie est animée)

Publics cibles

Les décideurs

  • Doivent reconnaître la nécessité de soutenir les services de prévention et de traitement des addictions
  • Doivent plaider pour l’intégration des questions liées aux addiction dans l’agenda politique de santé
  • Doivent donner des ressources suffisantes aux services d’addictologie

 

Les donateurs potentiels

  • Doivent participer à notre action visant à générer des ressources pour les services de prévention et de traitement

 

Les professionnels de la santé

  • Doivent participer à ce défi via ses actions personnelles ou de groupe
  • Doivent être sensibilisés au rôle vital joué par les services d’addictologie dans une perspective intégrale de la santé telle que définie par l’OMS
  • Doivent mettre en oeuvre des outils visant à continuer à aider les personnes en temps de crise (outils en ligne)

 

Beaucoup des personnes aux prises avec un trouble de l’usage de substance n’ont pas pu avoir le soutien dont ils avaient besoin durant la pandémie

Ressources

Matériels de la campagne

Télécharger les images animées (1080×1080 px) dans votre langue

Liens d’intérêt

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