Campagne 'Human Empowerment'

Dianova veut promouvoir le traitement des addictions depuis une perspective intégrale de développement individuel tout en mettant l’accent sur les liens existant entre genre et addictions

A l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le 26 juin, Dianova lance la campagne ‘Human Empowerment’. Le but de la campagne est d’alerter les consciences sur la nécessité de promouvoir des services de traitement des addictions fondés sur une perspective globale de l’empouvoirement et du développement individuel, tout en intégrant une perspective de genre

Le concept de « Human Empowerment »

Dianova estime que les droits des filles et des femmes sont des droits humains fondamentaux et qu’il est urgent de sensibiliser davantage aux problèmes spécifiques auxquels les femmes vivant avec un TUS sont confrontées, tels que la stigmatisation, les spécificités liées au genre, la violence et les obstacles au traitement et à la réinsertion sociale. C’est la raison pour laquelle la campagne vise à souligner les liens entre genre et addictions au travers du concept de Human Empowerment.

La campagne sera mise en oeuvre en trois phases, sous les thèmes suivants:

Retrouver sa capacité à choisir, prendre la vie à bras le corps

Tout le monde peut être concerné par les addictions. Personne ne peut dire qu’il ou elle n’aura jamais à affronter un trouble de l’utilisation de substance ou une addiction comportementale comme le jeu compulsif. Et les addictions peuvent entraîner des mondes de souffrance.  Si commencer à faire usage de drogues est un choix personnel, l’addiction ne l’est jamais. Comme le dit la science : « l’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante, caractérisée par la recherche et l’usage compulsif d’une substance ou d’une activité, malgré la connaissance de ses conséquences nocives ».

Promouvoir l’éducation et les habiletés de vie

Il faut prendre en compte les besoins spécifiques des femmes et des personnes LGBTI dans les programmes. Les femmes, par exemple, adhèrent mieux au traitement si elles participent à des sessions de groupe et des psychothérapies. L’éducation sexuelle, le planning familial, le diagnostic d’une éventuelle comorbidité psychiatrique, les troubles alimentaires et les traumatismes liés aux abus sexuels et à la violence sont également des éléments prioritaires qui doivent être intégrés aux programmes destinés aux femmes.

Empowerment: reprendre le pouvoir sur sa vie

L’objectif d’autonomisation des femmes et des filles dans tous les programmes et tous les efforts de plaidoyer permettra le développement d’économies durables et profitera à la société et à l’humanité dans son ensemble. En intensifiant les actions en faveur de l’égalité entre les sexes, chaque partie du monde peut progresser sur la voie du développement durable d’ici 2030, sans laisser personne de côté.

La situation

Les préjugés et la stigmatisation sociale qui touchent les femmes qui font usage de drogues retardent le processus de désintoxication. Non seulement ces femmes sont montrées du doigt en tant que consommatrices voire dépendantes, mais aussi parce qu’elles ne remplissent pas les rôles familiaux genrés qui sont attendus d’elles (double stigmatisation). Cette stigmatisation les affecte davantage dès qu’elles souhaitent faire face à leur situation. Les ressources de traitement sont le plus souvent fondés sur une perspective androcentrique qui ne prend pas en compte l’étendue des besoins et ne fait que renforcer les obstacles au traitement : sur cinq personne en traitement, une seule est une femme.

Les femmes sont confrontées à des problèmes spécifiques

En matière d’abus de substances et d’addiction, les femmes sont confrontées à des problèmes spécifiques, influencés principalement par le sexe (différences basées sur la biologie) et le genre (différences basées sur les rôles de genre culturellement définis). Des études sur les addictions montrent que :  

  • Les femmes font état de raisons différentes de faire usage de drogues que les hommes, incluant le contrôle de leur poids lié à la forte pression des standards de beauté, ainsi que la lutte contre l’épuisement, du fait de la double journée de travail, des soins donnés aux enfants ou aux personnes âgées, entraînant une plus forte consommation de substances légales.
  • La majorité des femmes utilisent les substances de façon différente des hommes, il leur suffit par exemple de consommer de plus faibles quantités pendant moins de temps pour devenir dépendantes.
  • Les femmes qui suivent un programme de traitement peuvent faire l’expérience de sensations accrues de malaise et de démotivation du fait de l’absence de prise en compte de leurs besoins. De plus, elles sont plus susceptibles de rechuter après la fin d’un traitement à cause du manque de soutien social, de difficultés économiques, ou bien parce qu’elles sont aux prises avec le cycle de la violence.
  • Les femmes qui utilisent des drogues peuvent également ressentir davantage d’effets physiques sur le cœur et les vaisseaux sanguins.
  • Les femmes sont plus susceptibles de fréquenter les urgences, de mourir de surdose ou d’être victimes d’autres conséquences de l’usage de certaines substances à cause de l’invisibilisation de leurs usages qui ne sont détectés que tardivement et requièrent donc une période de rétablissement plus longue.
  • Les femmes victimes de violence de genre ont un risque accru d’abus de substances.
  • Le divorce, la perte de la garde des enfants ou le décès d’un partenaire ou d’un enfant peut déclencher un trouble de l’usage de substance ou d’autres troubles de la santé mentale chez les femmes du fait de la socialisation de genre et des attentes liées aux soins qu’elles apportent aux autres.

Appel à mettre en oeuvre des programmes spécifiques

Les obstacles rencontrés par les femmes aux prises avec une addiction pour accéder aux programmes de traitement, la stigmatisation dont elles sont victimes et leur besoin de modalités de traitement spécifiques ont été largement méconnus et sous-financés. Il est urgent de repenser les programmes de traitement des addictions et de mettre en œuvre des services qui répondent de manière efficace et exhaustive aux besoins complexes des femmes concernées et de leurs enfants.

Dianova préconise la mise en œuvre de modalités spécifiques pour les femmes aux prises avec un TUS, incluant des programmes de traitement intégrés offrant un large éventail de services : traitement des addictions, conseils aux parents, interconnexions avec d’autres services, logement, assistance juridique et formation professionnelle. En outre, ces programmes devraient être culturellement adaptés et prévoir des modalités telles que des programmes séparés pour les femmes, l’acceptation des enfants et l’attention portée aux femmes enceintes.

Impact sur les objectifs de développement durable

ODD 5 – Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les fillesparvenir à l’égalité entre les sexes d’ici à 2030 exige une action urgente visant à éliminer les causes profondes d’une discrimination qui continue de restreindre les droits des femmes dans les sphères privée et publique

ODD 3 – Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous les cibles 4 et 5 de l’ODD 3 sont axées sur la promotion de la santé mentale et du bien-être et sur le renforcement de la prévention et du traitement de l’abus de substances, y compris l’abus de stupéfiants et l’usage nocif de l’alcool.

ODD 10: Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre:Pour les femmes et les filles, les inégalités de genre ont des conséquences sur le revenu ainsi que sur d’autres besoins fondamentaux, tels que la santé et l’éducation. Il est nécessaire de mettre en œuvre une analyse intersectionnelle de la manière dont cet axe interagit avec d’autres axes possibles de vulnérabilité.

Publics cibles

  • Décideurs – institutions, gouvernements, ministères dotés du pouvoir de décision nécessaire pour mener à bien les changements.
  • Fondations privées – liées au thème de la campagne et celles qui ont de l’expérience dans le financement de causes associées.
  • Entreprises – ayant un plan en faveur de l’égalité hommes-femmes sur le lieu de travail, impliquées et sensibilisées au thème et travaillant avec les ODD.
  • Les personnes atteintes de troubles de l’usage de substance et leur famille – les personnes concernées ayant besoin d’aide et les membres de leur famille en demande de soutien pour les accompagner dans leur processus de changement.
  • Communauté éducative – écoles primaires et secondaires, universités, enseignants et étudiants. Écoles ayant développé des programmes de prévention des addictions.

Concept créatif

Dianova International et les organisations membres participant à la campagne utiliseront une série de 17 images comprenant les logos Human Empowerment et Dianova, ainsi que des messages dédiés. Ces images seront diffusées sur notre site Web et dans les médias sociaux tout au long de l’année.

Cette action sera divisée en deux blocs principaux:

Bloc un: sensibiliser
Bloc deux: passer à l’action

Ressources

Matériels de la campagne

Images et messages à utiliser sur les réseaux sociaux

Pour accéder aux différents messages de la campagne, veuillez télécharger le « social media kit »

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