La société civile participe aux discussions des Nations unies sur le développement durable

Au travers des « grands groupes et autres parties prenantes » les préoccupations des populations les plus vulnérables et les plus démunies peuvent résonner

Action contre le changement climatique

La société civile peut être un acteur majeur du changement – Manifestation pour exiger des politiques efficaces pour contrer le changement climatique – New York, 2019 – photo: Shutterstock, licence: CC

Par M. Victoria Espada – À l’occasion de la première Conférence des Nations unies sur le développement durable (UNCED en anglais), qui s’est déroulée à Río de Janeiro en 1992, il est ressorti que la pleine participation de toutes les catégories de la société et de tous les citoyens était essentielle à la réalisation du développement durable. Également connue sous le nom de « Sommet de la Terre », cette rencontre a rassemblé plus de 22 000 représentants d’ONG aux côtés de responsables politiques, diplomatiques et scientifiques afin d’élaborer des propositions concrètes face aux défis économiques, sociaux et environnementaux. Dans le même temps, de nombreux représentants de ces organisations se sont retrouvés pour le « Forum global des ONG », qui se tenait parallèlement à Río, afin de partager leur propre vision du développement.

L’Agenda 21 est l’un des fruits de l’esprit d’initiative et de participation de cette conférence, et se traduit par un plan d’action mondial qui vise à promouvoir le développement durable. Ce plan énumère neuf catégories comme vecteurs principaux permettant d’inciter la société civile à participer aux activités de l’Organisation des Nations unies (ONU) en lien avec le développement durable. Officiellement intitulées « groupes principaux », ces catégories incluent : les femmes, les enfants et les jeunes, les populations autochtones, les ONG, les autorités locales, les travailleurs et leurs syndicats, l’industrie et les commerces, la communauté scientifique et technique ainsi que les agriculteurs.

L’importance d’impliquer ces catégories de la société est réaffirmée 20 ans plus tard, au cours de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, dite « Rio+20 ». Le document de résultats, « Le futur que nous voulons », soulignait d’ailleurs le rôle crucial des principaux groupes dans le développement de sociétés durables pour les générations futures. Il invitait en outre les « autres parties intéressées », notamment les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les groupes de bénévoles à prendre part au processus de développement durable des Nations unies. D’autres collectifs concernés se sont ajoutés au fil du temps jusqu’à former dix-huit catégories, aujourd’hui connues sous le nom de « grands groupes et autres parties prenantes » (MGoS en anglais).

Les dix-huit grands groupes et autres parties prenantes ont pleinement contribué à l’élaboration et à l’adoption de l’Agenda 2030 pour le développement durable, un plan d’action mondial pour les populations, pour la planète et pour la prospérité.

Le document énonce 17 objectifs de développement durable (ODD) et leurs 169 cibles, qu’il définit comme le « résultat de plus de deux ans d’intense consultation publique et d’engagement avec la société civile et les parties prenantes du monde entier ». Depuis son adoption, ces groupes ont activement œuvré à faire entendre la voix et les préoccupations de la société civile, en particulier celles des populations les plus vulnérables. De même, ils ont joué un rôle important dans le processus annuel de suivi et de révision de l’Agenda 2030 et des ODD, aboutissant traditionnellement au Forum politique de haut niveau pour le développement durable (HLPF en anglais) qui se réunit tous les mois de juillet à New York.

Bien que la dernière édition du Forum politique de haut niveau se soit déroulée de manière virtuelle afin d’éviter la propagation de l’épidémie de COVID-19 et ait été bien différente des précédentes, les dix-huit grands groupes et autres parties prenantes se sont activement impliqués dans la préparation et la participation à l’évènement au travers des représentants de la société civile. En plus d’assister virtuellement aux réunions préparatoires officielles et de contribuer à la version préliminaire de la déclaration ministérielle, qui attend toujours l’approbation des États membres, les groupes ont présenté 15 documents de positions sectorielles et 15 déclarations écrites pour un débat général. De plus, ils ont participé en qualité de rapporteurs et de commentateurs aux sessions thématiques du Forum politique de haut niveau, ont organisé plus de cent évènements virtuels en parallèle et ont contribué à l’élaboration des rapports de suivi des ODD (Voluntary National Reviews en anglais) par les États membres.

Au sein des groupes issus de la société civile, le Groupe principal des ONG (NGO Major Group en anglais) a porté la voix et les positions de plus de 1 200 organisations engagées à poursuivre la réalisation de l’Agenda 2030 et des ODD. Sous la supervision des partenaires organisateurs, parmi lesquels Dianova International, les ONG ont réaffirmé le rôle essentiel de l’inclusion, la participation et les moyens octroyés aux communautés locales, les approches intégrales, multisectorielles et interdisciplinaires ainsi que les alliances entre acteurs, secteurs et pays, entre autres, comme accélérateurs de changement en faveur du développement. Elles ont également soutenu la nécessité d’établir un bien-être mondial basé sur la paix, la justice et l’équité pour tous. Conjointement, les dix-huit grands groupes et autres parties prenantes ont rappelé, cette année encore, que ne laisser personne de côté signifiait également donner la parole aux populations les plus vulnérables et les plus démunies et faciliter leur participation au débat général sur le développement.