Journée mondiale de la santé mentale maternelle

Une nouvelle mère sur cinq dans le monde souffre d’une forme ou d’une autre de trouble de l’humeur ou d’anxiété durant la période périnatale

Illustration femme enceinte

Plus de 75 % de ces mères ne sont pas diagnostiquées et ne bénéficient pas d’un traitement et d’un soutien adéquats. Il est donc essentiel d’améliorer le soutien à la santé mentale des femmes pendant et après la grossesse dans le monde entierImage: Shutterstock

Par l’équipe éditoriale – Depuis 2016, un groupe multidisciplinaire d’activistes internationaux de la santé mentale maternelle se réunit une fois par an pour sensibiliser à cette question essentielle et exiger des services de soutien pour toutes les mères. La Journée mondiale de la santé mentale maternelle est célébrée le premier mercredi de mai. Pour autant, il ne s’agit pas encore d’une « Journée internationale » officielle de l’ONU. C’est pourquoi, afin de donner davantage de visibilité à l’initiative et au problème, nous vous invitons à signer la pétition demandant à l’Assemblée mondiale de la santé et à l’Organisation mondiale de la santé de reconnaître officiellement la Journée mondiale de la santé mentale maternelle (WMMH).

Cette journée mondiale vise à souligner l’importance de la santé mentale maternelle et familiale. Selon les données fournies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport intitulé « Rapport sur la santé mentale dans le monde : Transformer la santé mentale pour tous »,  25 % des femmes enceintes souffrent d’une forme ou d’une autre de détresse mentale et une mère sur cinq souffrira d’un trouble de santé mentale pendant  sa grossesse et durant la première année après la naissance. De tels chiffres montrent l’importance d’aborder la question de la santé mentale maternelle de manière globale et proactive. À l’échelle mondiale, les problèmes de santé mentale maternelle sont considérés comme un défi majeur de santé publique.

Dans le monde entier, les soins sont majoritairement à la charge des femmes. En retour, ces tâches sont peu valorisées socialement, tandis que les doubles, voire les triples journées de travail, la stigmatisation et des exigences excessives à l’égard des mères ont un impact direct sur la qualité de vie et donc la santé mentale des femmes.

Les mandats de genre et les inégalités entre ses sexes font le lit des troubles de santé mentale. Trop souvent pourtant on ne fait qu’apporter une réponse à court terme au problème, via les médicaments psychotropes, ce qui  participe à médicaliser un problème dont les inégalités sociales sont la source.

La justice sociale et la perspective de genre sont fondamentales pour aborder la santé mentale maternelle. Les inégalités sociales et de genre ont une influence sur l’accès des mères à des services de santé mentale de qualité et sur leur capacité à demander l’aide dont elles ont besoin.

Les politiques mondiales et nationales doivent reconnaître ces disparités et y remédier. Il faut faire en sorte que toutes les mères, indépendamment de leur origine ou milieu social, bénéficient d’un accès équitable à des services de santé mentale adéquats.

Dans le cadre des objectifs de développement durable (ODD), il est urgent d’aborder la question de la santé mentale maternelle. L’objectif 3, qui vise à garantir une vie saine et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge, inclut spécifiquement l’objectif de réduction de la mortalité maternelle et d’amélioration de l’accès aux soins de santé.

En conclusion, la Journée mondiale de la santé mentale maternelle est l’occasion de réfléchir à l’importance de soutenir la santé mentale des mères dans une perspective intersectionnelle. Les femmes qui vivent dans des contextes de vulnérabilité accrue, tels que les conflits armés, la pauvreté et les addictions, sont confrontées à des stigmatisations multiples et à des obstacles supplémentaires dans l’accès aux services. Il s’agit d’une violation claire des droits humains.

Les communautés reconnaissent qu’il est essentiel d’agir en faveur de la justice sociale, de l’intégration d’une perspective de genre et pour des politiques globales de développement durable, c’est pourquoi elles doivent aussi travailler ensemble pour s’assurer que toutes les mères reçoivent le soutien et les soins qu’elles méritent et dont elles ont besoin.