Éducation et alphabétisation au Bangladesh

Journée internationale de l’alphabétisation, 8 septembre – les enfants des peuples autochtones du Bangladesh parviennent à s’éduquer malgré des défis innombrables

Les Chittagong Hill Tracts

Les Chittagong Hill Tracts, une région du Bangladesh où la plupart des enfants vivent dans des zones peu propices à la construction d’écoles – photos: Kothowain CC

Par Gabriel Tripura, directeur exécutif, Kothowain – La région du sud-est du Bangladesh – un paysage montagneux aussi unique que miraculeux – est appelé le Chittagong Hill Tracts (CHT). La région couvre 10% de la superficie totale du Bangladesh. Le CHT présente des caractéristiques géographiques, une culture, des coutumes, une langue, des traditions, des modes de vie, des pratiques agricoles, un système administratif complètement distincts de celles du reste du pays.

Chittagong Hill Tracts

11 communautés indigènes d’origine mongole vivent dans la région. Ces 11 communautés ethniques ont leurs propres langues, leur culture, leur identité et leurs pratiques. La langue qu’ils utilisent pour communiquer entre eux et avec la communauté en général est le bengali, c’est-à-dire la langue officielle du pays. Les communautés vivent au sommet des collines, dans des maisons ‘machang’, soit des structures traditionnelles construites sur des plates-formes surélevées en bambou. Malheureusement, la plupart des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et demeurent privés des installations essentielles du monde moderne, telles que l’eau et l’assainissement, l’électricité et les moyens de communications entre autres. En ce qui concerne les normes éducatives, la situation n’est guère meilleure et la grande majorité sont analphabètes.

Kothowain (organisation de développement des personnes vulnérables, organisation membre du réseau Dianova) considère l’éducation comme un droit essentiel pour les peuples autochtones. Nous pensons que le fait d’être privé d’éducation est un obstacle au développement durable des Chittagong Hill Tracts, aux plans économique, social, culturel et politique, un obstacle qui se répercute non seulement sur la région mais aussi sur le pays tout entier.

Lutter pour le droit à l’éducation et à l’alphabétisation

La plupart des enfants viennent de villages situés au sommet de lointaines montagnes aux pentes glissantes, peu propices à la construction d’édifices scolaires. Les parents de ces enfants étaient aussi totalement analphabètes et ne se rendaient compte ni de l’importance de l’éducation, ni du droit humain qu’elle représente. Depuis 2011, Kothowain s’efforce ainsi d’enseigner la lecture et l’écriture par le biais de programmes d’éducation pour adultes qui ont réussi à éveiller l’intérêt de la population. A la base, les enfants apprennent leur langue maternelle, puis ils acquièrent des rudiments de bengali avant de se perfectionner dans cette langue puis de passer à l’apprentissage de l’anglais via leurs manuels scolaires. Apprendre simultanément ces différentes langues constitue un défi de taille pour les écoliers qui ont des difficultés à suivre régulièrement les cours et à bien comprendre leurs leçons.

En outre, les enfants doivent faire face à des problèmes tels que la pauvreté, le manque de moyens de transport et de matériel pédagogique, une mauvaise santé, etc., qui ont un impact négatif sur la scolarité et peuvent entraîner le décrochage scolaire. C’est pourquoi l’organisation Kothowain, en collaboration avec des donateurs et des communautés, a pris l’initiative de créer des écoles dans des zones reculées où elles sont davantage accessibles pour les populations locales. Les = enseignants sont recrutés en fonction de leur appartenance ethnique et de leur langue afin qu’ils puissent dispenser les cours dans la langue de l’enfant, à partir du bengali. À leur tour, les enfants partagent leurs connaissances des autres langues dans leur famille ou leur village, ce qui s’avère une aide considérable pour l’amélioration des taux d’alphabétisation. Enfin, le Comité de gestion des écoles a été mobilisé pour insister sur la nécessité d’améliorer l’éducation des enfants.

Ce processus a abouti sur des réalisations tangibles et positives et, depuis lors, notre programme d’éducation et d’alphabétisation joue un rôle essentiel pour sensibiliser les populations et défendre les droits, l’autonomisation et le développement des communautés de la région. De nombreux enfants originaires de ces communautés étudient maintenant au niveau collégial et universitaire, ce qui prouve qu’avec dévouement et bonne volonté, il est possible d’atteindre des normes d’éducation adéquates malgré les limitations et les difficultés. Nous espérons maintenant atteindre un taux d’alphabétisation de cent pour cent dans un proche avenir.