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Politiques de drogues : gros plan sur l’Amérique

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Dianova participe aux événements organisés par la Commission Interaméricaine de Contrôle de l’Abus des Drogues, lors de la session 2021 de la CND

OEA/CICAD lors de la CND

La Nouvelle stratégie hémisphérique en matière de drogues et le plan d’action 2021-2025 reflètent l’esprit du document final de la session extraordinaire de l’ONU sur le problème mondial des drogues (UNGASS 2016)

Par María Victoria Espada – A l’occasion de la 64ème session de la Commission des Stupéfiants des Nations Unies (CND64), qui s’est tenue en avril dernier à Vienne en format hybride, la Commission Interaméricaine de Contrôle de l’Abus des Drogues (CICAD) de l’Organisation des Etats Américains (OEA) a organisé trois événements parallèles auxquels Dianova a assisté.

Pandémie et prévention

Lors du premier événement parallèle qui s’est déroulé sous le thème « De la pandémie à la prévention : vers une meilleure réduction de la demande« , le Secrétariat National anti-drogue (SENAD) du Paraguay a présenté différents programmes mis en œuvre pour la prévention et le traitement de la consommation de drogues destinés, entre autres, aux écoliers, aux étudiants des universités, aux familles et aux communautés. Bien que le format virtuel des cours imposé par le Covid-19 ait permis d’atteindre presque toutes les régions et une partie importante de la population, pandémie a dans ce pays posé un défi supplémentaire en termes de consommation de drogues et de trafic.

Soigner et aider à distance

C’est pourquoi l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), également présente à l’événement, a demandé que les problèmes de consommation de substances et les besoins en matière de traitement soient inclus dans les plans nationaux visant à apporter des réponses sociales et sanitaires au Covid-19 sur le continent américain. De même, l’OPS a insisté sur la nécessité d’activer les mécanismes de soins à distance, la télémédecine et l’assistance téléphonique pour continuer d’apporter un soutien psychosocial aux patients et aux familles, ainsi que pour maintenir les protocoles sanitaires adéquats au sein des communautés thérapeutiques, et ce afin de freiner la transmission du virus.

Stratégie 2021-2025

La « Nouvelle stratégie hémisphérique en matière de drogues et le plan d’action 2021-2025 » élaborés par la CICAD ont ensuite été présentés lors du deuxième événement parallèle. Entrés en vigueur au début de 2021 à la suite du travail coordonné des États membres de l’OEA durant la pandémie, ces documents entendent définir la politique en matière de drogues dans les Amériques pour les prochaines années. La stratégie comprend les lignes directrices pour aborder le problème transnational – réduction de la demande et de l’offre dans une perspective de respect des droits, sexospécifique et attentive à l’insertion sociale et au contexte culturel. Elle inclut également le plan d’action 2021-2025, sorte de guide destiné à aider les États membres à mettre en œuvre la stratégie dans des domaines tels que le renforcement institutionnel, les mesures de prévention, de traitement et d’aide au rétablissement, les mesures de contrôle et de lutte contre la culture, la production, le trafic et la distribution de drogues illicites, et la coopération internationale, entre autres, en tenant toujours compte du fait que chaque État est confronté à des défis différents.

société civile

la participation de la société civile est essentielle pour renforcer le développement et la mise en œuvre des stratégies, des  politiques et des programmes en matière de drogues

L’esprit de l’UNGASS 2016

Ces deux outils de travail intègrent les progrès internationaux en matière de politique des drogues et reflètent l’essence du document final de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial des drogues (UNGASS 2016) ainsi que celle du Programme 2030 pour le développement durable. Ainsi, l’adoption de ces documents sont le reflet de la confiance accordée au multilatéralisme ainsi que du principe de responsabilité commune et partagée entre les États membres de l’OEA pour les politiques régionales en matière de drogues.

Bonnes pratiques dans le monde

« L’intégration sociale des personnes ayant affaire au système judiciaire pour des délits liés aux drogues en Amérique latine » était le thème du troisième et dernier événement parallèle. Diverses initiatives internationales y ont été présentés.

En Italie, programmes de réinsertion sociale mis en œuvre par l’organisation San Patrignano aident les jeunes faisant face à des problèmes de dépendance à développer leur confiance en eux, leur autonomie et leur motivation afin de pouvoir trouver de nouveaux centres d’intérêt et d’apprentissage.

Au Pérou, le Programme national des centres de jeunesse du gouvernement (PRONACEJ) répond aux besoins psychologiques, sociaux, médicaux et juridiques des adolescents, dont beaucoup sont issus de familles ayant des antécédents criminels, dans le but de faciliter leur intégration au monde du travail.

Au Chili, les programmes du Service national de prévention et de réhabilitation de l’usage de drogues et d’alcool (SENDA) considère la réinsertion sociale comme un processus bilatéral entre la société et l’individu. Ces programmes se concentrent à la fois sur le traitement proprement dit et sur le suivi ultérieur afin d’en assurer le caractère durable.

Principal obstacle : la stigmatisation

Les différents intervenants de l’événement se sont accordés pour identifier la stigmatisation et la discrimination comme étant les principaux obstacles à l’accès au traitement et à la réinsertion sociale. Il faut également y ajouter, trop souvent, des obstacles supplémentaires en matière d’accès au logement, à la santé et à l’emploi, ce qui rend ces processus plus difficiles encore.

Comme cela a été mentionné à plusieurs reprises lors des différents événements de la CICAD, la participation de la société civile à travers des débats larges et ouverts promouvant l’échange d’idées et d’expériences est essentielle pour renforcer le développement et la mise en œuvre des stratégies, des politiques et des programmes en matière de drogues. En ce sens, la CND 64 a été la session qui a présenté le plus grand nombre d’événements parallèles, plus d’une centaine, et Dianova était présente pour la dixième année consécutive. Nos représentants ont contribué aux débats sur la prévention et le traitement des addictions avec deux événements propres. Dianova est enregistrée auprès de l’OEA en tant qu’organisation de la société civile et fait partie de la Coalition Américaine sur les Politiques des Drogues (CAPD), une organisation qui comprend des organisations de la société civile issus de différents pays du continent américain ou d’ailleurs dans le monde, et dont le but est de promouvoir un débat social informé sur ces politiques.