ACEPA, Canada

Nouveau membre au Canada: ACEPA

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Changer notre façon de décrire les personnes qui utilisent des drogues amènera à changer ce que les gens pensent d’elles

représentants de ACEPA et Dianova

Le directeur exécutif de l’ACEPA, Gord Garner et sa collègue Kristina Stankova (à gauche) avec les représentantes de Dianova: Lucía Goberna (au milieu) et Montse Rafel (à droite), respectivement chargée du département des relations internationales et directrice générale – photo : Réunion de la CND (Vienne), 2-6 mars 2020

Ce mois-ci, nous accueillons un nouveau membre au sein de Dianova International. l’Association communautaire d’entraide par les pairs contre les addictions (ACEPA) a été créée à Ottawa (Canada) en 2013 dans le but de faire sortir de l’ombre les personnes concernées par l’usage de  substances psychoactives, d’en faire des acteurs à part entière de la communauté, et de mettre en lumière les questions liées à l’usage de substances.

L’ACEPA a son siège à Ottawa (Ontario) et son directeur exécutif est Gord Garner. Nous avons eu l’occasion de parler avec Gord pour en savoir plus sur notre nouveau membre.

Gord, quel est l’objectif principal du travail de l’ACEPA?

Gord Garner: l’ACEPA vise à réduire la stigmatisation et à mettre fin à la discrimination à l’égard des personnes ayant un trouble lié à l’usage de substances (TUS)

Votre nom suggère que vous offrez un soutien par les pairs. Comment ces derniers sont-ils impliqués dans votre travail ?

CAPSA logoJe suis heureux que vous ayez posé cette question, car elle nous ramène à la question de la stigmatisation. Très peu de nos pairs sont visibles en raison de la stigmatisation et de la discrimination dont ils font l’objet. Il n’existe aucun lieu où ils peuvent se sentir à l’aise pour aborder leurs difficultés. L’ACEPA est convaincue que le soutien par les pairs doit aussi inclure ceux qui sont cachés et qui souffrent en silence. Leur permettre d’accéder à l’aide dont ils ont besoin, combattre puis éliminer la stigmatisation et la discrimination, permettent de réduire les obstacles auxquels ils font faced dans leur recherche d’aide. Je précise que notre travail vise aussi à aider celles et ceux qui se sont rétablis d’un TUS, mais qui pourtant continuent de souffrir de la discrimination liée à leurs problèmes passés.

En quoi consiste votre travail?

L’ACEPA a eu l’occasion de travailler avec les organismes de santé nationaux canadiens et Sécurité publique Canada pour créer des supports de formation et des savoirs sur la stigmatisation liée aux TUS. Nous mettons notamment l’accent sur langage de type « la personne d’abord ». Le langage peut être un outil puissant et si l’on peut changer la façon dont les personnes qui consomment des substances sont décrites, on peut changer la façon dont on les considère.

Avec qui d’autres avez-vous eu l’occasion de travailler ?

Nous avons beaucoup travaillé avec les forces de l’ordre au Canada.

Les forces de l’ordre? Ne sont-ils pas l’une des sources du problème ?

Dire cela est à la fois correct et incorrect. Il a été démontré que les politiques répressives augmentent souvent les dommages causés aux personnes qui consomment des substances. Cependant, nous considérons la police et les autres premiers intervenants comme l’une des populations les plus stigmatisées en matière de TUS. Imaginez la souffrance d’un groupe de personnes instruites, syndiquées et disposant de services par le biais de leur assurance maladie, mais qui ne peuvent pas y accéder en raison de la stigmatisation et de la discrimination.

Comment voyez-vous l’implication de l’ACEPA dans le travail de Dianova ?

Tout d’abord, permettez-moi de vous dire combien nous sommes reconnaissants et enthousiastes de faire partie du réseau Dianova. En plus d’offrir à Dianova une porte d’entrée en Amérique du Nord, nous pensons que l’ACEPA sera un excellent partenaire pour la diffusion des connaissances sur les troubles liés à la consommation de substances, en particulier dans les pays anglophones.

Bien sûr nous sommes guidés avant tout par les personnes ayant une expérience vécue, mais nous nous revendiquons aussi comme des éducateurs sur les questions de stigmatisation et de leurs impacts sur la population. Nous espérons pouvoir partager une relation longue et fructueuse pour les années à venir.

Merci pour votre temps!