« Nous faisons partie de la solution »

Présentation du Comité de Vienne des ONG sur les Drogues lors de l’événement de l’ONUDC sur l’impact du COVID sur la situation mondiale des drogues

société civile

Jamie Bridge, 4ème à partir de la gauche – « La société civile est une force motrice pour aborder les questions associées aux drogues. Même lorsque nos messages sont critiques et exigeants, nous faisons partie de la solution » – Photo: le board du VNGOC en 2019, licence: CC

En tant que membre du Comité de Vienne des ONG sur les Drogues (VNGOC), la plateforme clé qui assure la liaison entre les agences des Nations Unies impliquées dans les politiques en matière de drogues et les organisations de la société civile, Dianova souhaite partager le discours de Jamie Bridge, (président du VNGOC) fait à l’occasion d’une réunion organisée par l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) le 26 juin, Journée Internationale contre l’abus et le trafic illicite de drogues.

Au nom de Dianova et de ses organisations membres, nous partageons les points de vue exprimés dans cette déclaration et tenons à souligner que les services d’addiction sont essentiels :  #AddictionServicesAreEssential.

Plus d’infos sur l’événement, les intervenants et les déclarations


 

26 juin 2020, par Jamie Bridge (Président du VNGOC) – Je vous remercie, Monsieur le Président, de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui au nom du Comité de Vienne des ONG sur les drogues.

Je voudrais commencer par exprimer ma solidarité avec tous ceux qui luttent contre les inégalités dans le monde –  nous écoutons, nous apprenons et nous nous opposons fermement au racisme sous toutes ses formes.

Nous écoutons et nous apprenons également les leçons de la pandémie de COVID-19 –  et la rapidité avec laquelle les travailleurs de première ligne se sont adaptés à la nouvelle situation. Je tiens à rendre hommage au rôle vital que la société civile a joué et à la manière dont les ONG du monde entier ont travaillé sans relâche et sans crainte pour continuer à fournir des services essentiels de prévention, de réduction des risques, de traitement, de réadaptation et de défense des droits des personnes dans le besoin.

Il y a eu de nombreux changements louables dans les politiques et les pratiques en réponse à cette urgence mondiale. Des innovations telles que les consultations virtuelles, l’assistance et le soutien par les pairs pour réduire les dommages et aider au rétablissement, la mise en œuvre de modèles de traitement plus souples, l’offre de refuges aux sans-abri, le dépistage combiné du VIH et du COVID-19 pour les personnes qui consomment des drogues, et la libération de centaines de milliers de personnes incarcérées dans toutes les régions du monde –  dont beaucoup étaient en détention provisoire ou condamnées pour des délits non violents liés aux drogues.

Articles associés

 

Mais il y a aussi eu des réactions négatives. Les pandémies exacerbent ou alimentent les inégalités, la pauvreté et la vulnérabilité qui existent déjà. Nous avons vu un certain nombre d’abus commis par les forces de l’ordre au nom de la santé publique, nous avons constaté les fermetures de services, le détournement de fonds essentiels au détriment des ONG et la diabolisation des personnes vulnérables parce qu’elles étaient incapables de se conformer aux mesures de confinement. Les conséquences de tout cela sur la santé, la santé mentale et la consommation de substances psychoactives risquent d’être importantes.

Nous ne pourrons surmonter cette pandémie et son impact en matière de drogues que si nous ne laissons personne derrière nous et si nous nous concentrons sur les droits humains, sur la lutte contre les inégalités qui existent dans toute les sociétés modernes et sur la collaboration avec les ONG. Pour citer la récente déclaration de la Conférence des ONG ayant des relations consultatives avec les Nations Unies, il est possible de « sortir de cette crise et de construire un monde meilleur ». C’est l’occasion de concrétiser de manière significative et tangible les innombrables engagements que les États membres ont pris pour adopter des réponses véritablement équilibrées et globales en matière de drogues, des réponses qui mettent l’accent sur l’intégration, la santé publique et les droits. Le COVID-19 ne peut être une excuse pour revenir sur ces engagements.

Pour la CND elle-même, d’importantes discussions ont dû se déplacer vers des plateformes virtuelles – comme celle-ci aujourd’hui. Nous nous félicitons de l’inclusion des voix de la société civile aujourd’hui et lors des réunions intersessions, mais nous notons avec regret que les observateurs des ONG sont exclus des nouvelles « réunions thématiques » sur le cannabis et les substances apparentées, où notre expertise serait utile.

Le Rapport mondial sur les drogues, lancé et présenté cette semaine, témoigne du travail acharné d’Angela Me (chef du service de recherche et d’analyse des tendances de l’ONUDC) et de son équipe. Pourtant, il démontre une fois de plus tout ce qu’il reste à faire gérer, de façon plus efficace, la situation mondiale en matière de drogues. Les données montrent que la consommation de drogues a augmenté au niveau mondial, que la production et l’offre se poursuivent sans relâche et que les réponses restent sous-financées et inadéquates. Il faut également en dire plus sur l’impact du contrôle des drogues sur les droits humains et sur les inégalités en termes de races.

Un aperçu du Rapport mondial sur les drogues 2020

 

Merci de votre attention.