Faire face au harcèlement sexuel au travail

« Harcèlement sexuel au travail : il y a des risques à ne pas agir », un webinaire animé par l’équipe de « We Empower »

Stop au harcèlement sexuel au travail

Le document préparé par Dianova s’adresse aux employés et aux employeurs et comprend des conseils pour prévenir ou faire face au harcèlement sexuel

Par Gisela Hansen Rodríguez – organisé à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 13 décembre dernier, le webinaire était animé par Anna Fälth (ONU femmes), Gisela Hansen (Dianova) et Ana Catalina Ramírez (OIT). La participation de la représentante de Dianova reposait sur la création d’une trousse à outils visant à prévenir le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

Le mouvement #Metoo s’est appuyé sur une utilisation optimale des réseaux sociaux pour permettre aux femmes de parler de leurs expériences douloureuses, déshumanisantes ou avilissantes et de ne pas se sentir seules. « Pendant longtemps, beaucoup de femmes ont défini leurs propres expériences de harcèlement et d’agressions sexuelles comme d’une chose à cacher à tout jamais, une expérience bien trop privée ou trop honteuse pour être reconnue. » Même s’il n’est pas une solution au problème, ni même un mouvement ayant des objectifs à long terme, le mouvement #Metoo a ouvert la boîte de Pandore et les innombrables expériences rapportées ont déclenché un important regain d’activisme, à l’instar du mouvement #TimesUp.

Même si les hommes peuvent eux aussi vivre des situations de violence et de harcèlement sur leur lieu de travail, ils ne représentent qu’une proportion infime des victimes. Le système patriarcal, ses stéréotypes et ses inégalités flagrantes en matière de relations de pouvoir sont responsables de la surexposition des femmes à ces types de violence. Il s’agit réellement d’une situation de violence fondée sur le genre des personnes.

Le harcèlement sexuel est l’une des formes de violence les plus courantes au travail. Environ 75% des femmes ayant suivi une formation professionnelle ou occupant des postes de direction ont été victimes de cette forme de violence à un moment de leur vie, selon une étude de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) de 2014.

 

Très peu de femmes cependant n’ont le courage de rapporter le harcèlement dont elles sont victimes, la plupart du temps de peur de perdre leur emploi. Selon le rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, parmi les femmes de 15 ans et plus victimes de violences sexuelles, 32% ont déclaré que l’auteur était une collègue, un superviseur ou un client et seules 4% ont signalé cette situation à leur employeur ou à un supérieur hiérarchique.

À Dianova, nous nous engageons à promouvoir l’égalité des sexes par l’éducation, la participation citoyenne et via des actions de plaidoyer visant à aider à changer ces structures sociales et contribuer ainsi à réduire la violence à l’égard des femmes. Dans le cadre de la campagne de 16 jours de sensibilisation à la violence sexiste, nous avons créé un document qui entend aider les personnes à reconnaître le harcèlement sexuel, à le prévenir, à le combattre si nécessaire et à encourager les victimes à signaler les actes dont elles sont victimes.

Le document s’adresse aux employés et aux employeurs et comprend des conseils pour prévenir ou faire face au harcèlement sexuel. Par exemple, le document inclut une liste de comportements à éviter systématiquement. Une section en particulier aborde les différentes mesures que les employeurs peuvent prendre pour réduire le risque de harcèlement sexuel sur le lieu de travail, par exemple la mise en œuvre de politiques claires en la matière et une définition précises de ce qu’est le harcèlement dans les manuels destinés aux employés

En conclusion, le harcèlement sexuel doit être considéré comme une forme de violence sexiste et une violation des droits humains  plutôt que comme un simple « mauvais comportement » afin d’ouvrir de nouveaux domaines de responsabilité et de réparation.

Nous devons nous engager dans une lutte gagnante contre le harcèlement au travail en remettant en question le comportement général du personnel d’une entreprise, sa culture collective et, au-delà, la société en général. C’est une responsabilité collective que nous devons tous assumer.