Expo Rétablissement au CND

L’exposition #WeDoRecover” est centrée sur le thème du rétablissement en communauté thérapeutique afin de promouvoir les politiques axées sur ce type de programmes

Lors de la dernière Commission des stupéfiants (CND60) qui a eu lieu à Vienne du 13 au 17 mars 2017, la plateforme ‘Recovered Users Network’ (RUN) a organisé une exposition intitulée « Le rétablissement en communauté ». L’exposition était coparrainée par Dianova et mettait aussi l’accent sur une bonne pratique de réinsertion socioprofessionnelle mise en œuvre par Dianova au Portugal, avec les pépinières de Dianova.

Nous avons échangé quelques mots avec Boro Goic, président de RUN et organisateur de l’expo.

Lucía Goberna : Quel est l’objectif de la campagne ?

Boro Goic devant l'expo sur le rétablissementBoro Goic : La campagne de cette année est l’étape suivante de notre programme de plaidoyer en faveur des politiques orientées sur le rétablissement.

Quand on regarde en arrière, le concept de « rétablissement » n’était mentionné dans aucune politique antidrogue. Le rétablissement en tant que tel a d’abord été introduit dans la stratégie 2010 du Royaume Uni, fondé sur des systèmes de soins orientés au rétablissement, c’est-à-dire des approches centrées sur la personne et ciblant non seulement l’addiction, mais aussi les autres besoins de la personne en traitement.

Le rétablissement est également inclus dans la stratégie européenne antidrogue 2013-2020. Il y a des années de cela, personne aux Nations Unies ne s’intéressait vraiment au rétablissement. Nous voulions changer cet état de fait et favoriser un meilleur équilibre dans les politiques de réduction de la demande.

La première campagne s’est déroulée l’année dernière ; à l’époque nous avons montré que le rétablissement personnel est une réalité qui a des effets positifs non seulement pour la personne, mais aussi pour les autres. Par exemple, si une personne est rétablie, cela ira mieux pour sa famille, pour le marché du travail, pour la communauté, etc.

Cette année, nous avons lancé une campagne intitulée « Rétablissement dans les communautés ». Nous avons essayé de montrer sur de grandes affiches que des gens du monde entier se sont rétablis de leur dépendance et que cela a apporté un impact positif à la société. Il y a de très bons exemples montrant que le rétablissement de la dépendance est une réalité.

Combien d’organisations ont-elles participé à la campagne ?

Cette campagne a été organisée par RUN et coparrainée par 14 organisations de diverses régions d’Europe et du monde. Par exemple, il y a des organisations de Russie, d’Espagne, des États-Unis et des pays des Balkans… Il y a aussi des organisations qui ne sont pas directement impliquées dans le travail de rétablissement, mais qui soutiennent le mouvement.

Pourquoi est-il important d’être présent à la Commission des stupéfiants ?

De nombreuses organisations sont présentes et organisent différentes campagnes. Certaines d’entre elles militent pour la dépénalisation des drogues, pour la réduction des risques en tant que réponse à tous les problèmes etc. Je crois que l’ONUDC souhaite que les politiques de réduction de la demande soient plus équilibrées et qu’elles soient en ligne avec le document final de l’UNGASS où le rétablissement est clairement mentionné.

Nous avons vu un intérêt croissant pour les politiques antidrogues centrées sur le rétablissement au CND de l’an dernier et également lors de l’UNGASS. Cet intérêt a été exprimé par les gouvernements qui appliquent déjà ces politiques, mais aussi par ceux qui ont réalisé que certaines approches thérapeutiques, fondées seulement sur la réduction des risques, ne donnent pas de bons résultats.

En outre, la Commission des stupéfiants est le lieu où toutes les autorités se réunissent et entendent les positions des différents réseaux sur les politiques antidrogues. Nous voulons montrer que les politiques axées sur le rétablissement devraient être l’objectif et le but de tous les traitements des politiques de réduction de demande de drogues. Nous croyons que cette exposition ainsi que l’organisation de divers événements annexes dans le cadre de la CND60 nous rapprochera un peu plus de cet objectif.

Y a-t-il un dernier message que vous souhaitez transmettre ?

Nous continuerons de promouvoir le rétablissement et nous espérons gagner encore plus de visibilité et de soutien pour continuer notre plaidoyer. Lorsque nous préconisons le rétablissement, nous ne pensons pas seulement à la politique antidrogue, nous pensons aussi à ce que cette politique peut apporter au niveau local.