Dianova : autonomiser les femmes, c’est autonomiser la société

La troisième phase de la campagne « Human Empowerment » de Dianova souligne le rôle des addictions dans les violences faites aux femmes et insiste sur la nécessité d’autonomiser les femmes concernées

Autonomiser les femmes, c'est autonomiser la société

Les femmes victimes de violences et présentant des conduites addictives ont souvent une moindre capacité à rechercher et à suivre un traitement du fait de leur isolement.

« Empower Women, Empower Society » (autonomiser les femmes, autonomiser la société) est le slogan qui clôture la courte vidéo que Dianova réalise dans le cadre de la troisième phase de sa campagne « Human Empowerment ».

Lancée à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le 26 juin dernier,  la campagne redémarre lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 26 novembre, et se poursuivra jusqu’au 10 décembre, Journée internationale des droits humains, en s’attachant tout particulièrement à mettre en lumière la relation entre les violences faites aux femmes et les addictions

La vidéo phare de la campagne présente une adolescente qui, en raison de mauvaises expériences passées, se perd dans une spirale de dépendance et de violence. La vidéo vise à mettre l’accent sur les problèmes spécifiques auxquels sont confrontées les filles et les femmes ayant des troubles liés à l’usage d’alcool ou d’autres drogues, ainsi que l’importance de leur autonomisation en tant qu’outil pour mettre fin à la violence et à la stigmatisation.

Les violences dont les femmes souffrent au sein des milieux d’utilisation ou d’abus de substances (en particulier les violences sexuelles dans et en dehors de la sphère intime) ne sont pas en soi une conséquence de l’usage de substances, mais du système patriarcal. Il existe cependant des dynamiques spécifiques entre usage de drogues et violences de genre qui doivent être abordées de manière globale.

Les espaces d’usage de substances engendrent des relations au sein desquelles, du fait de la consommation, les mécanismes de contrôle sont inhibés, l’état de conscience altéré et la capacité de réaction diminuée. Ces éléments favorisent une violence structurelle à l’endroit des femmes[1].

Les femmes victimes de violence au sein du couple peuvent aussi faire usage de drogues (alcool et médicaments surtout) en vue de s’anesthésier ou de se dissocier afin de supporter ces violences. Les addictions représentent d’ailleurs, après la dépression, les troubles que l’on retrouve le plus souvent chez les victimes de traumatismes provoqués par ces violences.

« Les liens entre addictions et violences envers les femmes se révèlent aussi en dehors de la sphère intime. L’usage de psychotropes illicites, comme l’héroïne, la cocaïne et d’autres, impose souvent aux femmes de fréquenter des milieux où les violences et le chantage sexuel sont omniprésents », ajoute également Montse Rafel, directrice de Dianova.

De plus, les femmes victimes de violences et présentant des conduites addictives ont souvent une moindre capacité à rechercher et à suivre un traitement du fait de leur isolement.

Pour ces raisons, Dianova soutient toutes les mesures nécessaires pour protéger les femmes victimes de violences présentant un trouble de l’usage de substances, dans le but d’améliorer les taux d’accueil dans les lieux de soins en addictologie et dans les lieux de protection des victimes. Dianova plaide également pour intensifier la prise en charge des auteurs de violence dans le système de soins, ainsi que pour l’introduction d’une perspective sexospécifique dans la conception et la mise en œuvre des programmes de traitement incluant un large éventail de services adaptés aux différents spécificités de genre.


[1] Martinez, P (2019). Uso de drogas, adicciones y violencia desde una perspectiva de género. Infonova (35) 23-34.

Une méta-analyse de 96 études indépendantes et comprenant près de 80.000 participants a notamment démontré que le risque d’agression envers un partenaire intime est multiplié par trois en cas d’abus ou de dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues.