Deux membres de Dianova participent à la 74ème session de la CICAD

CAPSA et Dianova Uruguay présentent leurs activités et leurs projets lors de la 74ème session de la CICAD à Washington DC

74th session ordinaire de la CICAD

La CICAD sert de forum aux États membres de l’OEA pour discuter et trouver des solutions à la question des drogues et leur apporte une assistance technique visant à accroître leur capacité à y faire face

La Commission Interaméricaine de Contrôle de l’Abus des Drogues (CICAD) est l’organe consultatif de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en matière de drogues.

La CICAD travaille en étroite collaboration avec des partenaires comme l’ONUDC, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) et bien d’autres, tout en maintenant des liens étroits avec les organisations de la société civile. Lors de la 74e session de la CICAD, qui s’est tenue à Washington D.C. en décembre dernier, CAPSA et Dianova Uruguay, toutes deux membres de Dianova International, ont été invitées à présenter leurs projets. Anthony Esposti, directeur général de CAPSA, a présenté le principe de la santé liée à l’usage de substances et Patricia Puigdevall, psychologue à la fondation Dianova Uruguay, a mis l’accent sur l’importance des soins centrés sur la personne dans le traitement des troubles liés à l’usage de substances, d’un point de vue basé sur les droits humains.

Les deux interventions peuvent être téléchargées (document pdf) sur le site de l’OEA en anglais et en espagnol, ou bien directement ici:

  • Intervention de CAPSA en: EN ES
  • Intervention de Dianova Uruguay en: EN ES

 

CAPSA introduit le principe de santé associée à l’usage de substances

Le 12 décembre dernier, grâce au soutien de Dianova International, Anthony Esposti, directeur général de CAPSA, est intervenu, avec d’autres organisations de la société civile, lors de la 74ème session de la CICAD.  Cette intervention avait pour but d’explorer les obstacles à une approche de la « question des drogues » fondée sur les droits humains.  Anthony a présenté aux délégués le principe de santé liée à l’usage de substances et en quoi le droit fondamental à la santé doit être pris en compte dans la politique internationale en matière de drogues.

Interventions at CICAD

M. Anthony Esposti (à droite) CEO, CAPSA, et Mme Patricia Puigdevall (à l’écran) lors de leurs interventions à la CICAD – Photo : tous droits réservés

Tout le monde s’accorde à dire que la santé est un droit humain fondamental, inscrit dans les constitutions de nombreux pays et soutenu par la plupart des institutions internationales.  Mais quand on parle d’usage de substances, notamment sur la scène internationale, les réglementations, le trafic et la répression tendent à dominer la conversation.  La santé des personnes qui consomment des substances est rarement abordée. Pourquoi ne pas recadrer la conversation?  Pourquoi ne pas nous concentrer sur la protection de la santé des personnes qui consomment des substances ?  Cela aurait-il un impact positif sur leur état de santé ?  CAPSA estime que oui.

La pratique actuelle qui consiste à se concentrer uniquement sur une extrémité du spectre, le modèle de la maladie, ignore la grande majorité de la population qui fait usage de substances sans pour autant souffrir d’un trouble lié à leur utilisation. Il n’existe à aucun niveau du spectre de l’utilisation de substances de services, de ressources et d’informations fondées sur des données probantes pour les personnes qui font ou ont fait usage de drogues, en soutien à leurs objectifs de santé.

Santé associée à l'usage de substances

Les politiques des drogues sont controversées et contextuelles. Comme nous l’avons vu lors de la CND, le monde peut être divisé sur la meilleure façon d’aller de l’avant. CAPSA estime que la santé est un objectif unificateur qui englobe le traitement, la prévention et même les questions plus controversées de la réduction des risques et de l’application de la loi. C’est un débat qui nous lie à nos similitudes, et pas seulement à nos différences, et qui nous unit autour d’un objectif ultime que nous pouvons tous soutenir : la santé pour tous en matière d’usage de substances.


 

CAPSA, une organisation nationale située à Ottawa, Canada, collabore activement avec les organisations, les communautés et les systèmes, ce qui se traduit par des améliorations substantielles de la santé des personnes en matière d’usage de substances. L’équipe d’éducateurs, de chercheurs et d’experts en politiques de CAPSA se consacre à l’élimination de la stigmatisation systémique sur la base d’une expertise professionnelle et d’une expérience vécue. En proposant des solutions fondées sur des données probantes, CAPSA s’efforce d’assurer à tous et à toutes un accès équitable aux connaissances et aux services. Cette approche unique permet d’éliminer les obstacles systémiques pour les personnes et d’apporter des changements positifs aux organisations et aux systèmes afin qu’ils deviennent inclusifs, efficaces et bienveillants tout en améliorant la santé liée à l’usage de substances.

Anthony Esposti, directeur général de CAPSA, dirige une équipe énergique de professionnels qui s’efforcent de déconstruire et de transformer la stigmatisation et la discrimination à l’égard des personnes qui s’occupent de leur santé associée à l’usage de substances.  Anthony a été membre de plusieurs conseils d’administration d’organisations à but non lucratif et a été président de CAPSA

 

Soins centrés sur la personne et droits humains: l’importance du plan de traitement individuel

Dans sa présentation, Patricia Puigdevall, psychologue à la fondation Dianova Uruguay, a rappelé qu’après plus de 25 ans d’accompagnement des usagers de drogues dans leur processus de rétablissement, les équipes de la fondation Dianova Uruguay ont constaté que l’usage de substances psychoactives est susceptible d’entraîner une détérioration significative de la santé des personnes et une augmentation des vulnérabilités préexistantes.

C’est dans ce contexte que les institutions, le système de santé publique, les politiques sociales et les politiques en matière de drogues ont un rôle à jouer pour garantir l’accès à la santé pour tous et protéger les droits de chacun. Patricia Puigdevall a noté que c’est le niveau d’accès réel d’une personne aux soins de santé qui permet de faciliter ou d’entraver le processus de recherche d’aide (Ríos A, 2020).

Counselling individuel

La planification du traitement centrée sur la personne repose sur la collaboration et la prise de décision partagée ; cette approche non dirigiste permet aux personnes de prendre davantage d’initiative dans leur processus de traitement – Photo : Shutterstock

Patricia a ensuite évoqué les fondements de l’approche de soins centrés sur la personne, à savoir le respect et la protection des droits humains et la reconnaissance du « patient » en tant que sujet de droits, coresponsable de toutes les décisions concernant sa vie et sa santé. Les soins centrés sur la personne impliquent de valoriser le ou la patient·e en tant qu’individu ayant des besoins uniques. Il s’agit de comprendre leur expérience propre et de travailler avec eux pour s’assurer que leur plan de soins reflète leurs besoins individuels. De cette manière, les patient·e·s sont encouragé·e·s à participer à leur propre processus de rétablissement et à travailler en partenariat avec l’équipe afin de promouvoir leur bien-être physique, mental et social.

Le projet thérapeutique individuel mis en place par Dianova Uruguay présente plusieurs caractéristiques :

  • Il implique l’individualisation du processus thérapeutique via une écoute active, au cours de laquelle la personne est accompagnée afin de mieux identifier ses besoins.
  • Il favorise le développement de l’autonomie de la personne, de sa capacité à prendre des décisions et à être responsable de celles-ci
  • Il est nécessairement souple et adaptable
  • Il est centré sur la personne et non sur les drogues qu’elle consomme
  • Il est compatible et en cohérence avec l’approche de réduction des risques et des dommages.

Pour conclure sa présentation, Patricia a souligné l’importance du travail en réseau et la nécessité d’une approche professionnelle et pluridisciplinaire pour assurer la prise en charge des personnes dans toute leur complexité, dans le respect et la protection de leurs droits.


 

Fondée en 1999,  Dianova Uruguay est au service des adolescents souffrant de troubles liés à l’utilisation de substances et de leurs familles. La Fondation propose des programmes publics complets de traitement des addictions pour les personnes aux prises avec un TUS, dans des structures résidentielles, ambulatoires et de jour, en collaboration avec l’Institut de l’Enfant et de l’Adolescent, INAU et le Réseau National des Drogues (RENADRO), entre autres institutions. La Fondation se consacre en particulier aux adolescents et aux jeunes adultes présentant une double pathologie (troubles liés à l’utilisation de substances associés à des troubles mentaux graves) avec un programme résidentiel mis en œuvre en collaboration avec des institutions publiques.

Patricia Puigdevall est diplômée en psychologie, spécialisée dans l’intervention de crise, la psychothérapie psychanalytique focale et les consommations. Patricia travaille à la fondation Dianova Uruguay et est coordinatrice technique de Novasalud.