Autonomisation des femmes : déclaration de Dianova International pour le CSW60

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Déclaration de Dianova International au préalable de la 60ème session de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies (New York, 14-24 mars 2016)

Dianova International est un réseau qui opère dans 11 pays d’Europe et d’Amériques où il développe des programmes et des projets innovateurs dans les domaines de l’éducation, de la jeunesse, de la prévention et du traitement des addictions, ainsi que dans celui du développement social et communautaire. La question des femmes est au coeur des politiques de Dianova qui a résolu de s’engager en faveur de l’autonomisation des femmes. Le réseau Dianova s’engage contre toutes formes de  discrimination et  considère qu’un accès égal à l’éducation pour les femmes et les filles, en particulier dans les régions rurales, est l’un des moteurs du changement culturel et du développement communautaire.

Femmes et addictions – liens avec le développement

A l’occasion de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues (UNGASS 2016) qui se tiendra du 19 au 21 Avril 2016 à New York, le réseau Dianova veut partager quelques réflexions sur la relation qui existe entre les femmes, la problématique des addictions et développement. Les questions relatives aux droits des femmes et à l’égalité entre les sexes sont rarement présentes dans les discussions sur le problème mondial des drogues.

Selon les données fournies par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUD), les hommes représentent, au niveau mondial, la population la plus concernée par l’usage ou le trafic de drogue. C’est la raison pour laquelle le rôle des femmes, qu’elles soient protagonistes ou victimes, est sous-estimé, considéré comme mineur et ne fait pas l’objet de recherches approfondies. Pourtant, les données disponibles tendent à souligner que la proportion des femmes qui font usage de drogues est plus élevée dans les pays développés. De même, les implications de santé publique liés à l’abus de drogues affectent davantage les femmes plus vulnérables et les exposent à des grossesses non désirées, des naissances difficiles et des abus sur les enfants.

L’autonomisation des femmes à travers l’éducation et la formation

La plupart des femmes victimes du trafic de drogues proviennent de familles à faibles revenus ayant des niveaux élevés de violence domestique, de dépendance à l’alcool, d’abus de substances et de décès liés à l’abus d’alcool ou de drogues.

Les données montrent qu’en Amérique latine, la plupart des femmes impliquées dans le narcotrafic sont victimes de violence domestique et de prostitution. L’accès à l’éducation a été identifié comme la meilleure façon d’intervenir sur les causes profondes, de briser le cycle de la pauvreté et de l’exploitation. Pour cette raison, les efforts pour donner une éducation de base aux femmes et aux filles doivent être poursuivis avec la plus grande constance. Il est également nécessaire d’assurer un enseignement de base sur les questions de santé publique, de santé sexuelle et reproductive, de santé maternelle, ainsi que de promouvoir des programmes de prévention de l’abus de drogues et sur les maladies liées aux addictions, telles que les hépatites et le sida.

Prévenir et éliminer les violences faites aux femmes

stop-violence-against-womenL’abus de substances est l’une des causes majeures des violences faites aux femmes. Au Myanmar des données empiriques indiquent qu’une proximité avec les drogues rend les femmes plus vulnérables aux violences physique et sexuelles, à l’exploitation et aux abus psychologiques. De plus, parmi les migrants d’origine mexicaine, six femmes sur dix sont victimes d’abus ou de violences sexuelles lorsqu’elles sont confrontées aux trafiquants de drogues.

Recommandations essentielles

Dianova présente les recommandations suivantes à la 60ème session de la Commission sur la condition de la femme des Nations Unies:

  • Promouvoir la recherche sur les questions relatives aux femmes, aux addictions et au développement dans le but d’obtenir une vision actualisée des relations entre ces thèmes et relever les défis croissants qui se posent;
  • Prêter attention au problème de santé publique que pose l’abus de drogues chez les femmes et ses implications en termes de grossesses non désirées, impacts négatifs de l’usage de drogues pendant la grossesse, santé des nouveau-nés et risques d’abus et de violence sur les enfants;
  • Combattre les discriminations faites aux femmes ayant un problème de consommation de substances et promouvoir les opportunités de traitement et de réinsertion sociale;
  • Plaider pour l’égalité des sexes dans l’accès au traitement, faciliter l’accès des femmes aux programmes de réadaptation et aux offres de traitement qui prennent en compte les différences entre les sexes et les besoins spécifiques des femmes et des femmes ayant des enfants à charge;
  • Proposer des solutions aux femmes en situation de vulnérabilité par la promotion de l’éducation et de la formation, réduisant ainsi le nombre de femmes impliquées dans le trafic de drogues en raison d’un manque d’opportunités d’emploi, d’éducation, ou parce qu’elles sont victimes d’abus;
  • Proposer des traitements et des services éducatifs alternatifs en cas d’infractions relatives aux drogues ou pour satisfaire les besoins économiques de base. Il est essentiel de mettre fin à l’incarcération des personnes condamnées pour le seul usage de substances.