28e conférence mondiale de la WFTC, un regard sur l’avenir

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La 28ème conférence mondiale de la WFTC s’est tenue à New Delhi, en Inde, du 2 au 4 décembre, en présence de notre représentante, Mme Elena Goti

Elena Goti

Mme Elena Goti lors de sa présentation à la 28ème conférence de la Fédération Mondiale des Communautés Thérapeutiques – Photo : tous droits réservés

Par Elena Goti – Tous les deux ans, la Fédération mondiale des communautés thérapeutiques (FMCT) réunit des professionnels, des praticiens et des étudiants en communautés thérapeutiques du monde entier. Cette année, l’événement était organisé en collaboration avec SPYM (Society for the Promotion of Youth and Masses), membre associé du réseau Dianova, et le Dr. Rajesh Kumar, directeur de l’organisation, était son co-président. <Ont participé à la conférence un grand nombre de délégués issus de quatre continents, ainsi que quelque 350 travailleurs de terrain, professionnels, collaborateurs et techniciens de l’organisation SPYM issus des différentes régions de l’Inde.

Une large gamme de programmes résidentiels

Le 28ème congrès de la WFTC présentait pour moi un intérêt particulier en raison de sa relation avec les centres résidentiels du réseau Dianova – qu’ils soient ou non des communautés thérapeutiques. C’est pourquoi j’ai eu le plaisir de retrouver au cours de cette conférence l’essence du modèle résidentiel communautaire à travers plusieurs présentations et communications qui ont montré un large éventail de programmes différents, à long et à court terme, conçus partout dans le monde.  Certains de ces programmes, ou centres, sont dénommés « communautés thérapeutiques », d’autres non, mais tous ont en commun la volonté de répondre aux besoins spécifiques des personnes dans un cadre communautaire. Il existe des centres pour mineurs, des centres pour adultes, des programmes adaptés aux besoins des personnes LGBTQI+, des centres situés dans différentes zones géographiques ou environnements sociaux, et même des programmes au sein des prisons pour les détenus à vie.

SPYM

Mme Elena Goti avec des praticiens et des volontaires de SPYM, quatrième à partir de la gauche, Dr. Rajesh Kumar, Directeur Général – photo : tous droits réservés

Dianova et la perspective de genre

Dianova a été invitée à faire une présentation plénière sur le genre, intitulée « Dianova et l’intégration de la perspective de genre ».

La présentation a donné un aperçu de la manière dont le genre est intégré dans l’ensemble du réseau Dianova, que ce soit dans les politiques par la sensibilisation, dans les actions de plaidoyer par des campagnes et de manière transversale dans tous les centres ambulatoires et résidentiels. Lorsqu’on le juge nécessaire, des modifications sont apportées aux installations, une formation spécifique est dispensée au personnel, le langage écrit et oral est adapté, et toutes les activités sont concernées. Une dernière mention a été consacrée à la prise en compte des enfants en tant que groupe particulièrement vulnérable.

Visite dans un centre de SPYM pour enfants et adolescents

Par ailleurs, les différents intervenants et invités de la WFTC ont eu le plaisir de réaliser une visite  organisée par l’organisation SPYM dans son centre de traitement et de réhabilitation pour enfants et adolescents en conflit avec la loi. Fondé en 2014, le centre bénéficie de stratégies et d’outils techniques spécifiquement adaptés à cette population. En outre, tous les résidents du centre bénéficient d’un large éventail d’activités grâce à la contribution de ses nombreux bénévoles et à son intégration à tous les services communautaires.

Les jeunes hébergés au centre sont âgés de 7 à 18 ans et ont tous un casier judiciaire sérieux. Après un processus d’évaluation, ces jeunes sont admis dans le centre pour une durée moyenne de 90 jours, prolongeable si nécessaire par autorisation judiciaire. Il faut souligner que le centre dispose d’un excellent soutien en matière de médiation, notamment pendant la période de désintoxication, les cinq à sept premiers jours. Les usagers du centre bénéficient également du soutien des membres de leur famille qui participent activement à l’ensemble du processus de rétablissement.

Enfin, il faut noter que le programme a, selon les responsables, un taux de réussite très élevé et permet de rompre le lien entre la criminalité et addictions, comme en témoigne le très faible nombre de personnes ayant réintégré le système pénal à l’issue du programme : seules 4 personnes sont retournées en prison sur un total de 6 500.

Je tiens à souligner que nous, une cinquantaine de visiteurs, avons été chaleureusement accueillis, notamment avec un déjeuner en plein air préparé par les cuisiniers stagiaires du centre et en compagnie de résidents souriants et attentifs. Après une visite complète du centre et de ses activités, la visite s’est terminée par un spectacle de musique, de danse et de costumes, fruit de la créativité et du travail de ces jeunes.

L’essence des communautés thérapeutiques

Pour ma part, ces jeunes souriants, joyeux et turbulents et l’engagement des opérateurs et des volontaires m’ont rappelé des situations similaires vécues dans certains des centres de l’organisation Dianova où nous hébergeons et offrons des services aux mineurs en situation de vulnérabilité.

En conclusion, je voudrais souligner que, selon moi, la communauté thérapeutique est principalement basée sur ce type d’approche sociale et relationnelle. D’un point de vue anthropologique, l’environnement social de la CT ressemble beaucoup plus à un petit village dynamique qu’à une institution ou à un centre de santé. C’est sa force.

C’est pourquoi je pense que les CT doivent avoir une place dans les systèmes de santé nationaux, non seulement en raison de la nécessaire diversité des soins, mais aussi parce qu’ils assurent une prise en charge globale de la personne, depuis les aspects thérapeutiques et socio-familiaux jusqu’aux projets professionnels et de réinsertion.