Grandes tendandes en matière de contrôle des précurseurs

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Retour de l'ecstasy sur les marchés illicites

Le Rapport annuel de l’OICS sur les précurseurs, rendu public en même temps que le Rapport annuel de l’OICS pour 2013, cerne les lacunes dont souffre actuellement le cadre international de contrôle des précurseurs, c’est-à-dire des produits chimiques qui sont fréquemment utilisés dans la fabrication illicite de drogues et que la communauté internationale a décidé de placer sous contrôle au titre de la Convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988.

Le commerce international de précurseurs étant de plus en plus surveillé, les trafiquants se tournent vers le commerce intérieur

Le détournement de précurseurs placés sous contrôle à partir des marchés internationaux licites devient moins fréquent qu’il y a quelques années. Pour contourner le Système électronique d’échange de notifications préalables à l’exportation (PEN Online) de l’OICS, qui permet de contrôler les importations et exportations licites de précurseurs, les trafiquants détournent les substances du commerce intérieur pour ensuite les acheminer clandestinement vers des pays vulnérables tels que l’Afghanistan.


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Les cartels de la drogue recherchent de nouveaux produits chimiques non placés sous contrôle pour fabriquer des drogues

Afin de contourner le système de contrôle international, les trafiquants ont de plus en plus recours à de nouveaux produits chimiques non placés sous contrôle pour fabriquer illicitement des drogues. C’est ce dont témoigne notamment l’augmentation des incidents faisant intervenir de l’alpha-phénylacétoacétonitrile (APAAN), un “préprécurseur” de remplacement qui entre dans la fabrication illicite d’amphétamine et de méthamphétamine, et dont des saisies ont été signalées partout en Europe et en Amérique du Nord.

Mesures prises par l’OICS pour placer un nouveau “préprécurseur” sous contrôle international

Étant donné l’importance des saisies d’alpha-phénylacétoacétonitrile (APAAN), l’OICS a officiellement engagé des démarches visant à ce que cette substance soit placée sous contrôle international, et le Secrétaire général de l’ONU a invité les gouvernements à faire part de leurs avis sur cette éventuelle inscription aux Tableaux à l’occasion de la cinquante-septième session de la Commission des stupéfiants, qui doit se tenir en mars 2014.

Les saisies de précurseurs de l’“ecstasy” semblent indiquer un retour de la MDMA

Les saisies de précurseurs entrant dans la fabrication illicite de 3,4-méthylène dioxyméthamphétamine (ou MDMA, plus connue sous le nom d’“ecstasy”) ont connu une recrudescence en 2012 et en 2013. Cette évolution et la récente découverte de plusieurs laboratoires illicites de fabrication à échelle industrielle en Europe laissent craindre que la MDMA ne soit en passe de redevenir largement disponible sur les principaux marchés illicites du monde.

Les activités menées par les équipes spéciales des Projets “Prism” et “Cohesion” continuent de porter leurs fruits

L’OICS et les membres des équipes spéciales de ses Projets “Prism” et “Cohesion”, dont INTERPOL et l’Organisation mondiale des douanes, ont mené à bien de nombreuses opérations internationales de collecte de renseignements ainsi que d’autres opérations spéciales qui, associées aux activités de formation à la lutte contre le détournement menées en 2012, ont abouti à d’importantes saisies de divers produits chimiques. Initiatives internationales de l’OICS, les Projets “Prism” et “Cohesion” sont des plates-formes de communication permettant aux autorités nationales d’échanger des renseignements et de lancer des enquêtes multilatérales.

Pour que la communauté internationale prenne une longueur d’avance dans la lutte contre le détournement et le trafic de précurseurs chimiques, l’OICS propose aux gouvernements de les aider à combattre les trafiquants de produits chimiques

Face aux trafiquants de produits chimiques, l’OICS propose aux gouvernements des outils modernes tels que le Système électronique d’échange de notifications préalables à l’exportation (PEN Online), désormais utilisé par 146 États et territoires. Cet outil reste la pierre angulaire du contrôle international des précurseurs en ce qu’il permet de surveiller le commerce licite et de prévenir les détournements.

En parallèle, depuis son lancement en 2012, le Système de notification des incidents concernant les précurseurs (PICS) s’est rapidement imposé comme un outil important, grâce auquel les services de détection et de répression et les organismes de réglementation nationaux peuvent communiquer et échanger de précieuses informations sur les saisies de précurseurs, y compris sur les nombreux incidents faisant intervenir des produits chimiques dont on ignorait jusque-là qu’ils entraient dans la fabrication illicite de drogues. Ce système compte 400 utilisateurs inscrits, qui représentent quelque 75 gouvernements et 8 organismes régionaux et internationaux. Il n’en reste pas moins que le Système PICS et les autres outils de lutte contre le détournement de précurseurs ne sont pas universellement mis à profit, n’étant en particulier pas utilisés dans certains pays d’Afrique, d’Amérique centrale et des Caraïbes, et d’Asie centrale.

Source: Service d'Information des Nations Unies (SINU) et OICS – Dianova International est une ONG accréditée auprès de l'Office des Nations Unies à Vienne