Xénophobie: tordre le cou aux idées reçues

Une infographie pemet de lutter contre les idées reçues dans le but de favoriser l'inclusion et l'intégration des migrants et des réfugiés

Le sous-comité en charge de la xénophobie et l’inclusion, lié au Comité des ONG sur les Migrations, a réalisé une infographie présentant les perceptions erronées et les contre-vérités liées aux attitudes xénophobes à l’endroit des réfugiés et des migrants. L’infographie propose d’abord une définition de la xénophobie, puis des réfugiés et des migrants, avant d’explorer quelques-uns de mythes les plus courants concernant l’impact de ces derniers sur les communautés, afin de les déconstruire via des faits tangibles.

Par exemple, malgré la perception commune selon laquelle les migrants nuisent à l’économie et aux marchés du travail dans les pays d’accueil, l’infographie présente des données soulignant l’impact positif net, ou, au pire, l’impact neutre des migrants et des réfugiés sur l’économie et le travail.

 

Un thème a partie liée à plusieurs de ces faits, mais il est pourtant régulièrement ignoré : les migrants et les réfugiés ne sont pas des consommateurs de services profitant des pays d’accueil sans rien contribuer en échange. En réalité, ce sont des membres actifs de la société, ce sont des gens qui ne souhaitent que travailler, payer des impôts et s’intégrer dans la société d’accueil.

 

L’impact économique des migrations n’est pas la seule préoccupation des habitants des pays d’accueil. L’augmentation sans précédent des populations migrantes et réfugiées depuis le début des années 2000 a également donné naissance à différents mythes sur la nature du phénomène des migrations, la peur de se voir imposer d’autres cultures et d’autres religions, le fait d’associer « l’autre » au danger.

La présente infographie tente de démystifier certaines de ces croyances en montrant par exemple à quel point il est improbable qu’un acte de terrorisme soit perpétré par des migrants ou des réfugiés dans une communauté donnée… La probabilité est bien plus grande d’être frappé par la foudre ou écrasé par un astéroïde. On pourrait également évoquer les risques de mourir dans un accident de la route ou d’un cancer, risques autrement plus grands que celui, hypothétique, posé par le fait de coexister dans une même communauté avec un migrant ou un réfugié.

 

Qui plus est, alors que nombre de gens pensent que les migrants sont synonymes de désordre, de violence ou d’activité illégale, le département américain de la Justice indiquait en 2014 que le nombre de non-citoyens parmi la population carcérale aux États-Unis ne dépassait pas 5%.

L’infographie a pour ambition de contrer la crainte qu’inspirent les communautés de migrants et de réfugiés et de la remplacer par des faits éprouvés. Le vrai danger pour nos sociétés, c’est de voir se propager des informations erronées qui ne font que diaboliser et isoler encore davantage des communautés entières de personnes vulnérables. L’infographie se veut aussi positive et nous rappelle que certaines des villes les plus attractives, pour visiter ou pour y vivre, ont des populations éminemment multiculturelles – coïncidence ou non. Après tout, quoi de mieux qu’un métissage de cultures, de musiques, d’arts, de religions, d’ethnies et de pratiques alimentaires pour enrichir une société et créer un terrain fertile à la nouveauté et à l’innovation ?

 

En allant plus avant dans la discussion sur la responsabilité partagée des pays d’accueil, nous avons comparé le PIB de certains pays versus le nombre de réfugiés qu’ils ont accueilli lors de la présente crise migratoire. Le graphique montre ainsi la répartition inéquitable et disproportionnée du partage des responsabilités s’agissant de l’accueil des réfugiés dans le monde. Certains pays affichant un PIB bien inférieur à d’autres accueillent la grande majorité des réfugiés, alors que les plus grandes économies persistent à ne pas vouloir faire partie de la solution.

 

Pour contrer une dernière idée reçue selon laquelle les réfugiés devraient tout simplement « rentrer chez eux » ou « retourner d’où ils viennent », nous avons choisi de présenter quelques données récentes de l’Organisation des Nations Unies qui nous rappellent les incroyables dangers auxquels ces mêmes réfugiés font face dans leur pays d’origine. Si les réfugiés ont choisi la route de l’exil, c’est par contrainte et non par choix. De plus, plus de la moitié des populations fuyant les zones de conflit dans le monde sont des enfants. S’ils n’avaient pas pris cette décision, leur vie serait en danger mortel dans leur pays.

 

Pour terminer, nous espérons que cette infographie sera utilisée par des personnes comme nous, par des organisations, des grands groupes, des écoles, des entreprises publiques ou privées, sur internet et hors ligne, comme un outil permettant de lutter contre les récits xénophobes. Nous espérons enfin que ces quelques données pourront aider à tordre le cou aux mythes et aux idées reçues dans nos discussions en famille, avec nos amis ou nos collègues, lorsqu’il est question de l’accueil et de l’intégration des migrants et des réfugiés. Rassemblons-nous et mettons-nous du côté des migrants et des réfugiés, par la solidarité et la diffusion des connaissances.

 

Saionara König-Reis, Melanie Berzins et Iman Habib