Déclaration de l’association Proyecto Hombre à la CND 63

Proyecto Hombre

Communauté thérapeutique de l’association Proyecto Hombre à Granada (Espagne) – photo: Proyecto Hombre, tous droits réservés

Les défis posés par les troubles liés à l’usage de substances (TUS) constituent un énorme problème de santé et de déstabilisation sociale dans les pays développés et en développement. Aujourd’hui, il est établi par la science que ces troubles sont multifactoriels et associés à une variété de conditions de vulnérabilité individuelle et de facteurs sociaux tels que la pauvreté, l’exposition à la violence et l’exclusion sociale. Le renforcement des interventions fondées sur des données probantes en faveur des personnes qui consomment des drogues est une stratégie de réduction de la demande d’une importance cruciale pour la santé publique.

Nous apprécions les engagements pris par les États membres pour lutter contre les problèmes liés aux drogues en promouvant des politiques en matière de drogues fondées sur des données probantes, comme en témoignent le document final de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies de 2016 intitulé « Notre engagement commun à traiter et à combattre efficacement le problème mondial des drogues » et la déclaration ministérielle de 2019 intitulée « Renforcer notre action nationale, régionale et internationale en vue d’accélérer la mise en œuvre de nos engagements communs à traiter et à combattre le problème mondial des drogues ».

Par la déclaration présente, les organisations non gouvernementales soussignées présentent les recommandations suivantes à la soixante-troisième session de la Commission des stupéfiants :

  1. Nous invitons les États membres à assurer la mise en œuvre des Lignes directrices internationales pour le traitement des troubles liés à la consommation de drogues de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et de l’Organisation mondiale de la santé. Ces normes encouragent les États membres à étendre la couverture des programmes et politiques de traitement des addictions fondés sur des données probantes et en améliorer la qualité ; elles recommandent des interventions globales et équilibrées, dans le cadre d’une approche intégrale et biopsychosociale. Elles soutiennent également l’utilisation de modalités de traitement fondées sur les droits humains et la science, telles que l’approche outreach, les interventions brèves, les programmes ambulatoires et résidentiels tels que les communautés thérapeutiques, et les programmes de réinsertion sociale et de suivi.
  2. Nous encourageons les États membres et l’ONUDC à accélérer le déploiement de pratiques de traitement des addictions fondées sur des données probantes par le biais de mécanismes d’échange réguliers, en collaboration constante avec la communauté scientifique, les universités et la société civile. Nous recommandons d’éviter les interventions en matière de drogues fondées sur des croyances ou des perceptions non étayées par des preuves.
  3. Nous suggérons vivement aux États membres d’investir dans des systèmes de collecte de données solides, comparables et multilatéraux, en tant qu’étape essentielle à la mise en place d’interventions fondées sur des données probantes pour lutter efficacement contre le problème mondial des drogues.
  4. Nous demandons instamment aux États membres, à l’ONUDC, aux autres organisations internationales et à la société civile de coopérer activement en vue de recueillir des données fiables et pertinentes sur les personnes qui font usage de drogues et les défis auxquelles celles-ci sont confrontées, qu’ils soient présents ou futurs.
  5. Nous soulignons la nécessité de promouvoir la recherche en vue d’acquérir des connaissances sur certaines des questions cruciales pour l’efficacité des traitements en matière de drogues, telles que l’accès et l’observance du traitement, la prévention des rechutes, le rétablissement et la prévention des surdoses.
  6. Nous demandons que la recherche et la collecte de données sur les groupes vulnérables, tels que les femmes, les enfants, les personnes atteintes du VIH et d’autres maladies transmises par le sang, les personnes souffrant de troubles psychiatriques, les personnes emprisonnées pour des délits liés aux drogues ou les minorités ethniques, soient prioritaires afin de concevoir et de mettre en œuvre des interventions efficaces et ciblées.
  7. Partant du principe qu’un traitement adéquat doit être disponible, accessible et abordable pour toute personne souffrant de TUS, nous recommandons de promouvoir une plus grande surveillance internationale des pratiques au bon rapport coût-efficacité et ayant des résultats et un impact social significatifs, ainsi que d’étendre ces pratiques aux régions les plus défavorisées.
  8. Nous demandons instamment aux États membres de reconnaître la nécessité de collaborer avec la société civile, afin de lui permettre de jouer un rôle plus actif dans la formulation et la mise en œuvre de politiques de réduction de la demande de drogues fondées sur des données probantes. De nombreuses organisations non gouvernementales ont accumulé une expertise, ce sont des institutions responsables et socialement acceptées, et elles ont une connaissance détaillée des tendances, des caractéristiques et des besoins des personnes qui font usage de drogues. La société civile a recueilli des informations cruciales et détient des connaissances précieuses susceptibles d’être partagées.

En conclusion, nous encourageons les États membres, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’Organe international de contrôle des stupéfiants, l’Organisation mondiale de la santé et les autres organisations internationales concernées à promouvoir sans équivoque le traitement fondé sur des données probantes comme partie intégrante du système de santé et comme pierre angulaire des stratégies internationales, nationales et locales de lutte contre les problèmes liés aux drogues.


 

L’association Proyecto Hombre est une organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC qui regroupe 27 institutions en Espagne travaillant dans la prévention et le traitement des addictions, la réhabilitation et la réinsertion sociale, sur le modèle biopsychosocial. Plus de 400 000 personnes souffrant de troubles liés à la consommation de substances et leurs familles y ont reçu un soutien.

Contact: M. Oriol Esculies. Asociación Proyecto Hombre. o.esculies@projectehome.org +34607411866

Organisations non gouvernementales signataires :

  • Amity Foundation (UNITED STATES OF AMERICA)
  • ARGO – Alternative Therapeutic Program for Addicted Individuals (GREECE)
  • Asociación de Comunidades Terapéuticas del Perú (PERU)
  • Asociación Dianova España (SPAIN)
  • Asociación Fuente de Agua Viva (PERU)
  • Asociación La Colmena (BOLIVIA)
  • Associació d’Ajuda als Toxicòmans (SPAIN)
  • Associació Sport To Live (SPAIN)
  • Associaçâo Dianova Portugal (PORTUGAL)
  • Association of Rehabilitation of Drug Abusers of Macau (MACAU)
  • Associazone Dianova Italia (ITALY)
  • ATCA – Australasian Therapeutic Communities Association (AUSTRALIA AND NEW ZEALAND)
  • BeThesda Rehabilitation Center (SRI LANKA)
  • CDLL – Cénacle De La Lumière (LEBANON)
  • CEDRO – Centro de Información y Educación para la Prevención del Abuso de Drogas (PERU)
  • CEID Addictions (FRANCE)
  • CEIS di Genova (ITALY)
  • CEIS di Milano (ITALY)
  • Celebrate Recovery / Proslavi Oporavak (BOSNIA AND HERZEGOVINA)
  • Center Point (UNITED STATES OF AMERICA)
  • Centro Nicaragüense de Solidaridad (NICARAGUA)
  • Centro Terapéutico Cure (MEXICO)
  • Coolmine (IRELAND)
  • Consorcio Gruppo CEIS (ITALY)
  • De Kiem (BELGIUM)
  • De Stam (THE NETHERLANDS)
  • Desarrollo Humano Tonalli AC (MEXICO)
  • Dianova International (SWITZERLAND)
  • Dianova USA Inc (UNITED STATES OF AMERICA)
  • Društvo UP (SLOVENIA)
  • ECEtt – European Companionship Education Training by Travel
  • EFTC – European Federation of Therapeutic Communities Ermita Ciprés AC (MEXICO)
  • EURAD – Europe Against Drugs (BELGIUM)
  • European Association for Palliative Care (UNITED KINGDOM)
  • Euro-TC EWODOR – European Working Group on Drug Oriented Research
  • FAD – Fundación de Ayuda contra la Drogadicción (SPAIN)
  • FEBRACT – Federação Brasileira de Comunidades Terapêuticas (BRAZIL)
  • FECCOT – Federación Colombiana de Comunidades Terapéuticas (COLOMBIA)
  • Federaçâo FEAE (BRAZIL) Federación Andaluza Enlace (SPAIN)
  • Federación Venezolana de Instituciones de Tratamiento y Prevención de las Adicciones (VENEZUELA)
  • FEMEXCOT – Federación Mexicana de Comunidades Terapéuticas (MEXICO)
  • FICT – Federazione Italiana Delle Comunità Terapeutiche (ITALY)
  • FLACT – Federación Latinoamericana de Comunidades Terapéuticas
  • FONGA – Federación de ONG de Argentina (ARGENTINA)
  • FTCA – Federation of Therapeutic Communities for Asia
  • Fundació Salut i Comunitat (SPAIN)
  • Fundación Atenea (SPAIN)
  • Fundación Dianova Chile (CHILE)
  • Fundación Dianova Nicaragua (NICARAGUA)
  • Fundación Dianova Uruguay (URUGUAY)
  • Fundación Hogares Claret (COLOMBIA)
  • Fundación Prever (COLOMBIA)
  • Grüner Kreis Society (AUSTRIA)
  • Haderech Amnon (ISRAEL)
  • Icelandic Center for Social Research and Analysis – Planet Youth (ICELAND)
  • IFNGO – International Federation of Non-Governmental Organizations of Substance Abuse
  • Instituiçâo Padre Haroldo Rahm (BRAZIL)
  • Institute for Research and Development UTRIP (SLOVENIA)
  • Magdalena-TC (CZECH REPUBLIC)
  • Mothers Against Drunk Driving (BRAZIL)
  • NVO Izlazak (SERBIA)
  • NVO Preporod (MONTENEGRO)
  • Odyssey House Louisiana (UNITED STATES OF AMERICA)
  • PDS – Promoció i Desenvolupament Social (SPAIN)
  • Phoenix Futures (UNITED KINGDOM)
  • Polish Federation of Therapeutic Communities (POLAND)
  • Proyecto Hombre Portugal (PORTUGAL)
  • Fundación Centro de Solidaridad de Santo Domingo PH (DOMINICAN REPUBLIC)
  • Ric-Rose Cooperation (NEPAL)
  • Rights Reporter (HUNGARY)
  • RIO (NORWAY)
  • RIOD – Red Iberoamericana de ONG que Trabajan en Drogas y Adicciones
  • RUN – Recovered Users Network
  • SAM – Smart Approaches to Marijuana (UNITED STATES OF AMERICA)
  • San Patrignano (ITALY)
  • Self Enhancement for Life Foundation (THE PHILIPPINES)
  • Slum Child Foundation (KENYA)
  • Sociedad Española de Patología Dual (SPAIN)
  • Society for Promotion of Youth and Masses (INDIA)
  • Stijena Resoc (CROATIA)
  • TCA – Treatment Communities of America
  • Therapiesalon im Wald (AUSTRIA)
  • Trempoline (BELGIUM)
  • Turkish Green Crescent Society (TURKEY)
  • UNAD – Unión Española de Asociaciones y Entidades de Atención al Drogodependiente (SPAIN)
  • UYDEL – Youth Development Link (UGANDA)
  • WestCare Foundation (UNITED STATES OF AMERICA)
  • WFAD – World Federation against Drugs
  • WFTC – World Federation of Therapeutic Communities
  • YODA – Youth Organisations for Drug Action