Atenea, c’est le nom d’une femme

"Les femmes et les drogues" - une contribution de la Fondation Atenea

Fundación AteneaL’une des caractéristiques de la Fondation ATENEA est d’enquêter sur  la réalité sociale présente dans son domaine d’intervention, afin d’optimiser  l’efficience et  l’efficacité de son travail ainsi que la réalisation de sa mission.  Pour cela, il est impératif de produire,  transférer et analyser les savoirs acquis grâce à l’expérience.

Dans la dernière décennie, l’un de nos axes prioritaires de travail  a été la parité et l’égalité des chances entre hommes et femmes. Dans ce cadre, un grand nombre de nos actions ont visé à exiger et promouvoir l’intégration de la perspective de genre dans les politiques publiques, ainsi que rendre visible le manque d’adaptation et d’accès aux ressources et programmes sociaux existants pour répondre aux besoins et spécificités des femmes.

Calquées sur notre schéma enquête – intervention – évaluation, plusieurs études et enquêtes portant sur  la femme et la toxicomanie ont été réalisées, cet axe s’étant renforcé dans le courant des deux dernières années avec la publication de plusieurs études rendues possibles grâce au financement de la Délégation Gouvernementale du Plan National sur les Drogues.

La plus récente s’intitule « Intégration de la perspective de genre  dans la Planification des mesures contre la toxicomanie : diagnostic et recommandations », réalisée par Raquel Cantos Vicent avec le soutien de l’équipe de travail composée de Yolanda Nieves MARTÍN et Carlos Molina Sánchez.

Cette étude souligne de nettes différences, imputables à des questions de genre, dans la consommation de substances entre les sexes,  ainsi qu’un recours différencié suivant le sexe, au réseau de systèmes d’assistance. Les chiffres relatifs aux personnes en cours de traitement, montrent une inégalité entre les sexes au niveau de l’accès aux  ressources de lutte contre la toxicomanie. Cela peut être dû à un moins grand nombre de femmes parmi les toxicomanes,  mais aussi à une mauvaise adéquation entre ces ressources et leurs besoins.

En outre, la présence d’autres variables tels que des mauvais traitements ou des responsabilités familiales, sont fréquentes et rendent nécessaires des actions spécifiques. L’imaginaire social à l’égard des femmes toxicomanes, génère un  rejet et un isolement social accentués envers les femmes  se trouvant dans cette situation et complique la reconnaissance de leur dépendance et  de leur traitement.

Face à ces réalités, apparaît la nécessité d’intégrer le concept de genre dans les diagnostics et dans le planning de  prévention et de soins à la toxicomanie. Il est aussi nécessaire de développer des ressources et des programmes spécifiques pour les soins aux femmes ayant des problèmes de toxicomanie,  particulièrement à celles se trouvant en situation de risque social élevé.

C’est la raison pour laquelle cette enquête évalue le degré d’intégration du concept de genre dans la planification en matière de toxicomanie, à divers niveaux administratifs en Espagne, et formule en outre des recommandations sur l’intégration de la perspective de genre dans la planification en matière de toxicomanie.

Woman inhaling crackDivers plans et stratégies concernant les drogues  ont été analysés en ayant recours à trois méthodes différentes. L’une d’elles a consisté à développer une analyse systématique du discours incluant la création d’une matrice, construite à partir de plusieurs propositions théoriques différentes,  permettant ainsi d’identifier le degré d’intégration de la perspective de genre dans les documents analysés.

La matrice est centrée sur les conditions préalables (vérifier si les institutions responsables de l’élaboration de politiques publiques remplissent les conditions minimales pour intégrer la perspective de genre), le diagnostic (vérifier si les plans comprennent dans leurs conceptualisations une description des différences et des inégalités, et les points initiaux de décalage social entre hommes et femmes, puis fournir une explication sociale à partir du concept de genre vu par les femmes)  et la planification (revoir si les défis et les résultats que propose la politique tiennent compte des contraintes liées au genre et proposent des actions et des mesures en fonction de ces données).

Il ressort des conclusions de l’étude mentionnée ci-dessus que, tout en réunissant les conditions préalables d’intégration de la perspective de genre et que la plupart des plans et stratégies de lutte contre les drogues en Espagne ont l’intention de réaliser, cette intégration est marginale. On ne semble pas avoir internalisé l’alternative méthodologico-stratégique, laquelle suppose d’analyser la réalité sociale de toute problématique en tenant compte des contraintes liées au genre.

Cette enquête était essentiellement centrée sur des politiques concernant la toxicomanie,  mais cet outil permet d’analyser le degré d’intégration de la perspective de genre  dans toute autre politique ou stratégie,  quel que soit le contexte.

L’enquête « Intégration d’une perspective de genre dans la planification des mesures contre la toxicomanie : diagnostic et recommandations » peut être consultée sur le site web de la Fondation ATENEA http://fundacionatenea.org/2012/08/12/investigaciones/

En plus de poursuivre la ligne du travail sur les genres basée sur cette enquête, en 2016 nous concentrerons nos efforts sur la sensibilisation.

À cet égard, nous présenterons tout au long de cette année, une exposition itinérante dans plusieurs régions espagnoles intitulée « Ce que les statistiques ne disent pas« . Elle vise à ce que les personnes puissent apprécier l’importance d’interpréter les données statistiques sous  la perspective du genre, ainsi qu’à faire connaître la réalité de la vie et des souffrances de nombreuses femmes consommatrices de drogues ou confrontées à des problèmes de toxicomanie. En fait, environ un quart des personnes ayant des problèmes de drogues sont des femmes et cette réalité est occultée dans son ensemble mais, en outre, certains aspects liés à la consommation, la stigmatisation et les besoins spécifiques en soins que l’on reçoit (ou donne) en tant que femme, passent inaperçus.

L’exposition sera présentée dans des régions différentes, une journée consacrée à la femme et à la drogue sera organisée dans chacune d’entre elles.   Cette journée comportera un exposé-cadre sur la femme, les drogues et l’exclusion sociale,  et aura pour point d’orgue un espace de débats et d’échanges sur l’un des thèmes proposés (chiffres de consommation des femmes, image sociale des femmes qui consomment des drogues, consommatrices en prison ou  soins et consommation de drogues figurent parmi ces sujets).

Toutes les informations sur « La femme et les drogues. Ce que les statistiques ne disent pas  » peuvent être consultées sur http://mujerydrogas.fundacionatenea.org